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Audience publique sur le mariage d'enfants dans l'Etat indien du Karnataka

Des filles et des garçons, victimes du mariage des enfants, font part de leurs expériences lors d’une audience publique à Dharwad, Etat du Karnataka, Inde

 
L’audience publique a été organisée le 23 janvier 2010 par un des partenaires de longue date d’Aide à l’Enfance de l’Inde (AEI), à savoir «Karnataka Integrated Development Services (KIDS)» qui s’engage pour améliorer les conditions de vie d’enfants et de femmes dans plusieurs villes et villages du district de Dharwad. A partir d’avril 2010, AEI financera un programme pluriannuel contre le mariage des enfants mis en place par un réseau de 5 organisations non-gouvernementales (ONG), dont KIDS, dans plusieurs districts de l’Etat du Karnataka.  

 

La présidente de la commission pour la protection des droits des enfants de l’Etat du Karnataka, Nina Nayak, ainsi que des représentants de plusieurs organisations non-gouvernementales et de départements gouvernementaux participaient à la réunion. Dans un discours inaugurant l’audience publique, Nina Nayak soulignait que 32% des mariages ayant lieu dans l’Etat du Karnataka étaient des mariages d’enfants. Elle disait que l’ignorance ainsi que la superstition étaient la cause principale de ce taux très élevé de mariages d’enfants. Elle faisait un appel à la société civile de faire un effort intransigeant pour en finir avec la pratique du mariage des enfants.    

Ensuite, le public écoutait avec attention et incrédulité les déclarations des enfants mariés.

L’audience était choquée quand une élève d’une quatrième année d’études primaires, Mangala (1), expliquait comment elle a été mariée au frère de sa mère, un jeune homme de 24 ans handicapé physiquement. Elle parlait de son intérêt à continuer son éducation et de ses rêves qu’elle avait eus pour sa vie. 

Une autre fille du même âge, Kallayya, racontait qu’elle avait été mariée quand elle avait tout juste un an et qu’entre-temps elle était déjà veuve. 

Une autre fille encore, Balavva, disait qu’elle avait été mariée à l’âge de 13 ans, qu’elle avait souffert de violence domestique lors de son mariage et qu’actuellement elle habitait chez son frère cadet. 

Yallavva quant à elle était mariée à l’âge de 15 ans. Mais son mari la quittait bientôt après, et maintenant elle essaie de subsister comme ouvrière agricole. 

Lagamavva, mariée à l’âge de 12 ans, était aussi une victime de violence domestique et vit actuellement seule, tandis que Shobha, mariée quand elle avait 8 ans, a perdu son mari et a besoin de soutien pour survivre. 

Ces filles ainsi que plusieurs autres victimes de mariages d’enfants ont partagé leurs expériences, leurs pensées, leurs rêves et leurs détresses avec l’audience. Durant ces exposés montrant comment le mariage a dans chacun des cas interrompu l’enfance des victimes, il devenait rapidement très clair que le mariage d’enfants cause un dommage irréversible auprès des victimes. Tous les récits ne contenaient en effet que chagrin et souffrance. (2)

 

Le budget du programme combattant le mariage des enfants soutenu par AEI s’élève à env. 123.000 euros pour la première année (avril 2010 à mars 2011).  Il est prévu de faire cofinancer le projet par le Ministère de la Coopération luxembourgeois, et ce sous l’accord-cadre de coopération signé entre le Ministère et AEI. Le taux de cofinancement étant égal à 80%, la part à assumer par AEI reviendrait alors à 20% du budget total, c’est-à-dire à 24.600 euros.

Avec un don, vous pouvez soutenir par exemple:
des réunions d’information et de formation pour les enfants de 20 villages......... coût: 1.200 euros    ou 60 euros par village
des formations sur les droits des enfants pour 60 groupements de femmes......... coût: 1.800 euros   ou 30 euros par groupement de femmes
des mesures d’intervention et de soutien pour 40 jeunes veuves..................... coût: 3.000 euros   ou 75 euros par veuve      
des campagnes de sensibilisation dans des écoles et collèges des districts......... coût: 615 euros
un atelier avec la police et les départements gouvernementaux responsables......... coût: 540 euros      
  


(1) Tous les noms des victimes ont été changés.
(2) Traduction libre d’un article paru dans le journal indien «The Hindu» le 24 janvier 2010: http://www.hindu.com/2010/01/24/stories/2010012457960300.htm 

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